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Les Lanteires

Texte et illustration par Jean-Louis Gavin, 31 janvier 2008

LES LANTEIRES

La lecture du passionnant ouvrage

« Apporter les lumières au plus grand nombre », de Miriam Nicoli, Ed. Antipodes, 2006

et de

« Médecine et santé dans le Pays de Vaud au XVIIIème siècle, tome premier», d’Eugène Olivier, Ed. de la Concorde, 1939

me permet de préciser la généalogie d’Henriette Strecker, épouse de Jules, née Lanteires.

Les LANTEIRES étaient des huguenots, originaires de Chamborigaud dans le diocèse d’Uzès (actuellement dépt du Gard).

Le premier qui nous soit connu était François LANTEIRES.

Il eut plusieurs enfants, dont

*** François I

*** François-Placide

*** Joseph

*** Philippe.

Les deux premiers se sont réfugiés en Suisse, les deux autres sont restés en France.


*** François LANTEIRES (ci-dessus François I) est né en 1715 ; il était à Nyon en 1738 ; il est décédé en 1778. Il a épousé Eve RIVET (1718 – 1795). Ils n’eurent pas d’enfants. Il était apothicaire et chirurgien. Trois de ses neveux ont été formés chez lui : Antoine fils de Joseph (de 1767 à 1773), Balthazar fils de Philippe, et François II fils de François-Placide.


*** François-Placide LANTEIRES est né vers 1725 et décédé à Lausanne en 1767. Arrivé à Lausanne en 1748, il y est reçu membre de la Chambre des réfugiés, sur la foi de témoignages accordés par ses maîtres, médecins ou apothicaires : Joseph Privat à Alais, le Dr Ranc à Lyon et le Dr Colladon à Genève. Il se marie en 1751 avec Jeanne-Louis MATTHEY, « connue comme une fille de bonne mœurs et conduite ». Ce couple a eu douze enfants, trois garçons et neuf filles ; entre autres Jean, notre aïeule Henriette STRECKER née Lanteires, et François II. François-Placide a tenu pharmacie à la Palud (actuellement numéro 9) puis à La Borde. Il était très engagé dans la lutte contre le charlatanisme.

Au décès de François-Placide, sa veuve continue l’exploitation de la pharmacie, mais avec des commis incapables. Par exemple, elle est citée en Conseil pour avoir vendu 3 onces d’acide de vitriol au lieu d’eau de chardon bénit ; elle rejette la faute sur son commis, qui la rejette à son tour sur le commis précédent qui était catholique. « Il est dangereux de tolérer des garçons catholiques, vu la facilité qu’ils ont d’obtenir l’absolution des fautes qu’ils commettent vis-à-vis des prétendus hérétiques ». Malgré quoi on laissa subsister cette boutique, « par compassion pour cette femme veuve, qui est pauvre et chargée de sept enfants ». En 1771, quatre de ses enfants étaient déjà morts, et elle recevait depuis lors des secours réguliers pour les huit autres. Elle a dû vendre sa maison en 1779. Reste à établir comment, après autant de misères financières, elle a pu la même année être propriétaire d’une pharmacie à Nyon, et y employer Jules Strecker qui devint son beau-fils. S’agissait-il de l’officine de son beau-frère François I, décédé en 1778 ?


Son fils Charles-François II (1758 – 1805) est incapable de tenir une pharmacie ; il a pourtant appris chez son oncle François, lui-même frère de François-Placide, médecin à Nyon où il tient une pharmacie dès 1738, ainsi qu’à Nîmes, Genève, Lausanne, Penthaz, et au Chenit. Il s’installe à La Vallée de Joux aux frais de son beau-frère Jules Strecker. Il finit par se voir interdit d’exercer le 19 février 1788 par le Collège de médecine. Il a épousé Henriette Catherine fille de Jacques PRADAZ. Ils n’ont pas eu d’enfants.


Jean
est le quatrième des enfants de François-Placide ; il est né le 3 mars 1756. Il a commencé à Montpellier des études de théologie qu’il n’a jamais finies. Il a en effet dû revenir en 1781 pour gérer les affaires et la pharmacie de famille. En 1784, il épouse Anne-Gervaise PRENLELOUP de Penthaz. Ils n’auront pas d’enfants. En 1788, LL EE ferment la pharmacie, considérée comme surnuméraire et mal fournie. Jean Lanteires n’avait d’ailleurs jamais eu de titre l’autorisant à exploiter une officine. Et de quelle pharmacie s’agissait-il, puisque sa mère avait vendu neuf ans plus tôt ?

Jean Lanteires commence à publier le Journal de Lausanne, qui paraîtra de 1786 à 1792 ; il s’agit d’un hebdomadaire paraissant le samedi, et dont le but est d’apporter les lumières au plus grand nombre ; les articles se réfèrent aussi bien aux découvertes scientifiques, à la médecine, à la physique, à la botanique, à l’agriculture, qu’à l’histoire, à la morale ou à la philosophie. Par contre, la politique est absente, peut-être par crainte de la censure de LL.EE.

JournaldeLausanne.JPG
Journal de Lausanne, 1787

 

Le titre de professeur de belles-lettres lui est accordé par LL. EE, avec un don de cent couronnes pour ses publications. Mais il n’a jamais enseigné. Il a eu le projet d’un jardin botanique, pour la création duquel il s’est endetté. M. Perrochon le décrit ainsi: « un petit bonhomme haut de quatre pieds, dressé sur de hauts talons rouges, portant son chapeau sous le bras, une frisure énorme à la grecque, poudrée et parfumée, un jabot et une cravate des plus amples, des manchettes empesées, des brillants et des rubans partout, …., un gigantesque manchon d’ours blanc ».

Son testament attribue ses biens à sa femme, à sa sœur Antoinette et à son frère Abram. Il ne laisse rien à sa sœur Jeanne-Henriette, femme de l’apothicaire Strecker de Nyon, car elle se trouve dans une très bonne situation financière.


Jeanne-Henriette Lanteires (1754 – 1798) a épousé Jules Henri Guillaume STRECKER, pharmacien à Nyon. Ils ont eu 10 enfants. (voir sous « Les personnes » : « Strecker Jules »)


*** Joseph LANTEIRES, fils de François, a eu un fils prénommé Antoine.


Le dit Antoine Lanteires est né vers 1734 ; il est décédé en 1820 à Rolle, dont il était bourgeois depuis 1776. Il était aussi apothicaire, à Rolle dès 1771, après 5 ans à Nyon. Il a épousé en premières noces Anne Madeleine JOLIVET, à Nyon, en 1770 ; ils eurent une fille. En secondes noces, il a épousé, à Bursinel, en 1784, Rose de WATTEVILLE, veuve de Georges Pillichody.


*** Philippe LANTEIRES, fils de François, a eu un fils prénommé Balthazar.


Ce Balthazar Lanteires est né à Lyon. En 1773, il fut appelé chez son oncle à Nyon comme apprenti.

(voyez la généalogie descendante de François Lanteires, ou demandez-la sur papier)

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