Moïse
Texte rédigé par Jean-Louis Gavin, 16.01.2011
En été 2010, Jean-Louis Gavin a tenté de faire de l’ordre dans les divers documents conservés depuis longtemps, afin de déterminer si certains d’entre eux méritaient de faire partie du Fonds Gavin aux Archives cantonales.
Dans la pile des cahiers d’école qui datent de son gymnase à Neuchâtel, donc 1952 et avant, il trouve, qui n’ont rien à y faire et dont il ignorait l’existence, des cahiers ayant appartenu à ses parents.
Et parmi ceux-ci, un cahier format 17,5 x 21,5 cm, couvert en toile cirée.
En page une, ces quelques mots de l’écriture de sa Maman (Violette Gavin née Clerc) :
Petit frère de Moïse
né à Lausanne le 18 juillet 1929
Le mystère est complet : de qui s’agit-il ? et pourquoi ne pas donner le vrai nom du nouveau-né ? et qui était ce Moïse ?
A gauche de la page une, donc à l’intérieur de la couverture, six adresses : celles de
Gavin-Clerc, Henri Grellet, Félix Ansermoz, Hélène Bovon-Mayor, Marianne Secrétan-Bergier, Daniel Vermeil.
Le mystère s’épaissit : ses souvenirs d’enfant font ressurgir les noms de Vermeil ou de Grellet ; mais à quelle occasion les a-t-il entendus ? Autre problème : en 1929, à la naissance du petit frère de Moïse, aucune des trois dames n’était mariée, et pourtant l’adresse indiquée comporte le nom de leur époux ! Prémonition ???
Entre la page de couverture et la page une, un billet demandant d’envoyer Moïse à
Violette Gavin à Wettingen : on ne parle plus du petit frère de Moïse, mais de Moïse lui-même ! Et, en 1929, Violette Clerc n’était ni mariée à un Monsieur Gavin, ni domiciliée à Wettingen ! On remarque que toutes ces adresses sont écrites de la main de Violette, mais avec des plumes différentes, donc à des moments divers.
Dans son premier courrier, Violette Clerc écrit de Cambridge où elle suit des cours d’été.

Elle remercie ses amis de lui avoir confié la garde du premier Moïse. Elle va le laisser circuler encore pour que chacun puisse prendre connaissance des derniers nouveaux. Mais ce premier cahier est introuvable; ne lui est-il jamais revenu ?
Le 20 octobre 1932, elle plaint le pauvre petit Moïse qui lui arrive après plus de deux ans d’attente. Sert-il encore à quelque chose ?

Son intervention remet Moïse en circulation, jusqu’en mai 1933. Et là, nouveau mystère : elle reçoit le cahier, que Jean-Louis retrouve 77 ans plus tard !!! Elle ne l’a donc jamais renvoyé ….
Et Jean-Louis se demande s’il n’est pas le fautif : il a fait son entrée dans la famille peu après le dernier voyage de Moïse II. Aurait-il occupé sa mère au point qu’elle n’a plus eu le temps d’écrire ? Etait-il si insupportable qu’elle n’a pas osé le faire savoir à ses amis ?
Si cette histoire vous amuse, vous trouvez les 80 photos du Petit frère de Moïse dans la galerie du même nom.